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mes créations littéraires, mes peintures, mes photos et tout ce que j'aime dans la vie

Mauvaise rencontre

 

Chapître 1

 

               En 1987, je devais partir en voyage en Martinique  avec celui qui allait devenir plus tard le père de mon fils mais au dernier moment je me suis laissée entraîner pour partir à 3 en Jamaïque. « Terre de musique, Paradis du Reggae » m’ont vanté mes amis alors je me suis laissée embarquée.

Nouvel an à Londres, vol Charter jusqu’à Kinston, le 2 janvier, nous sommes passés du froid londonien à la chaleur suffocante des tropiques. La mer et le soleil étaient  au rendez-vous mais l’ambiance était bizarre, lourde comme le temps avec ses orages soudains, violents et tonitruants qui nous tombaient dessus au dépourvu, ambiance tendue et électrique comme si ce voyage à 3 ne s’annonçait pas très bien.

D’entrée nous avons fui la capitale après l’avoir visitée car les hôtels étaient trop onéreux. On évitait aussi les complexes touristiques sauf pour se payer des bons petits dej ou se laver. On cherchait à dormir chez l’habitant mais un garçon avec 2 filles, on était accueilli parfois bizarrement.

Après 3 semaines de voyage tumultueux, ma relation amoureuse n’a pas supporté la tension et on s’est séparé.

 

Nous avons alors continué le voyage entre filles. Deux mois à visiter l’île, à assister à des fêtes de reggae jusqu’à l’aube, nous ne sommes pas ennuyées et c’est vrai que pour la musique, c’est un pays génial. J’ai vu les plus grands musiciens de reggae de l’époque, visité le musée Marley et partout on pouvait sentir l’influence du reggae mais aussi que Bob n’était pas vraiment aimé et que le gouvernement faisait tout pour enrayer l’influence Marley. Mais presque toutes les nuits, il y avait des fêtes de « « Jah no ». Soit des concerts de gens connus soit des nuits musicales avec un mix de toutes sortes de chanteurs connus et moins aussi mais toujours une folle ambiance et cela ne se terminait qu’au lever du soleil. Et quand ce n’était pas les concerts, c’était d’autres nuits musicales avec du son qui déchirait la nuit. La musique est partout là-bas ! Et les couleurs aussi surtout dans les tenues des femmes. Même quand elles ont peu de moyens, elles ont le goût des couleurs et des assemblages les plus hétéroclites.

De beaux paysages aussi  mais pas des choses exceptionnelles à voir et visiter comme lors de mon précédent voyage en Inde. Nous évitions les hôtels et les lodges  car c’est en fait très cher mais sortir des sentiers battus et éviter les complexes touristiques n’est pas facile et pas très bien vu non  plus là-bas. A voyager à 2 filles hors des sentiers battus, on se faisait remarquer. ……On nous posait beaucoup de questions, parfois on se retrouvait avec des propositions d’hébergement plus que « douteuses », il y avait des fois  des sous-entendus assez lourds et quand les plans drague se faisaient plus pressants, on faisait croire qu’on était un couple et on dormait dans le même lit. Cela refroidissait l’ardeur des mecs qui nous draguaient et nous on rigolait sous cape Mais on a trouvé de bons plans, on s’est fait héberger par des familles souvent très nombreuses qui étaient contentes de gagner un peu d’argent. Les enfants nous adoraient et se disputaient pour nous coiffer. Les cheveux lisses les obsèdent alors quand ils sont blonds, ils adorent et ils voulaient tous me coiffer. On monnayait les hébergements avec des échanges (on était parties avec plein de petits cadeaux à offrir et cela marchait) Des bijoux fantaisie, du parfum et quelques laguioles et opinels, des briquets rechargeables.

On a fait de belles rencontres ! Le sens de la famille est très fort là-bas.

Mais comme toutes les bonnes choses ont une fin, j’ai raccompagné ma copine à l’aéroport car elle devait reprendre le boulot et cette fois-ci c’est seule que j’ai continué le voyage !

 

Chapitre 2

               J’avoue je n’étais pas très fière et dans mes petits souliers quand je suis ressortie de l’aéroport mais je n’avais pas vraiment le choix. Mon ex compagnon voyageait aussi seul sur l’île de son côté et notre billet de retour n’était prévu que début mai. Alors, pas le choix, je devais poursuivre ce voyage !

 

 La Jamaïque n’est pas un pays facile pour les voyageurs. La plupart des visiteurs sont américains et comme c’est à 1 heure de vol de Miami, ils viennent avec de l’argent passer une semaine ou deux et ne sortent pas beaucoup des grands complexes sauf accompagnés. C’est un pays où il y a beaucoup de violence et de répression. La police circule partout et les gens la craignent. Le racisme est très présent et très puissant aussi envers les blancs. Il suffit juste d’être de peau blanche pour se faire insulter. Un jour je me suis faite insulter gratuitement alors que je traversais la rue et  on m’a dit « tu vois aujourd’hui, tu peux enfin ressentir ce que nous éprouvons dans vos pays! » L’injustice de peau,  c’est une grande leçon d’humilité qui vous fait réfléchir.

Avec Muriel, nous avions  fait la connaissance de 2 Jamaïcains qui tenaient une échoppe dans le marché de Ocho-Rios dans le nord de l’île et l’un d’eux était un poète rasta qui était devenu mon ami. Je dormais parfois chez  eux dans leur magasin minuscule, un buibui fait de planches  au milieu du marché. Le soir, quand le marché se vidait, les allées devenaient le domaine des rats qui sortaient de partout dès qu’il n’y avait plus de bruit. Les couchettes étaient faites de planches hors sol. C’était pour éviter que les rongeurs ne viennent vous chatouiller les pieds la nuit ! Une fois, ils avaient mangé la poche de mon sac à dos où il y avait une savonnette ! Il y avait bien des douches dans un bâtiment au milieu du marché mais c’était réservé aux gens qui vivaient là. Les femmes blanches étaient mal vues dans ce milieu autochtone et souvent on me disait d’aller voir ailleurs. Alors j’allais et je venais mais je n’étais pas à l’aise dans ce pays et surtout, je n’avais pas choisi de voyager là-bas seule.

 

 Certains jours je venais retrouver mes deux amis pour me reposer. Un soir, mon ami poète Alenzo m’a dit que je ne pouvais plus revenir dans le marché et qu’il fallait que je quitte cet endroit, car c’était maintenant trop risqué. En effet, la semaine précédente, alors que j’étais avec eux à l’échoppe il y a eu un mouvement de foule, des policiers avaient abattu en plein milieu du marché  un homme qui volait. En fait, ils cherchaient à le coincer pour la drogue depuis un moment et ce jour-là, ils n’ont pas hésité, il n’y a même pas eu de sommations et ils ont tiré au milieu de la foule De plus le bruit on savait  qu’une blanche habitait dans le marché et ce n’était pas bien perçu. Alors je suis partie !

 

Chapitre 3

 

               Alenzo  m’a proposé de partir à Kinston quelques jours car il y avait un concert organisé par les musiciens de Marley et on lui avait prêté une maison dans la banlieue. D’ailleurs à l’aube qui suivit ce concert, ce fut la deuxième fois où  je vis un homme se faire abattre dans la rue, il marchait juste devant nous, une voiture est arrivée en trombe, des coups de freins, une portière s’est ouverte, des coups de feu ont retenti et il est tombé !  En Jamaïque le crime est facile et il suffit d’aller dans les ghettos et de donner de l’argent, un nom, un endroit…….

              

Un soir, nous nous promenions dans le quartier autour de la maison qu’on lui avait prêté, c’était tranquille, des petites  maisons individuelles avec des jardinets. Agréable à la tombée de la nuit, le quartier était calme, cela nous changeait du tumulte d’Ocho Rios. Alors que nous passions devant l’une d’elle, une voix nous a interpellés, nous ne distinguions que la silhouette corpulente d’une femme qui était dans la pénombre,  elle était dans son jardin et tournait le dos à la lumière mais elle avait une voix très douce. Comme presque à chaque fois que nous voyagions ensemble, les gens nous interpellaient pour savoir d’où je venais, ce que je faisais en Jamaïque, depuis combien de temps nous étions ensemble, si nous étions mariés…..

Ce soir-là, elle nous a parlé longtemps et pendant ce temps-là, je n’ai pas vu ni même senti  qu’elle avait pris ma main gauche dans les siennes. Au moment de prendre congé, je m’en suis rendue compte et lorsque j’ai voulu me dégager, elle s’est retournée vers la lumière. Là j’ai sursauté car j’ai croisé son regard elle avait le regard le plus énigmatique  que j’avais jamais vu ! Ses yeux verts étaient beaux, brillants, remplis de lumière mais surtout plus je la regardais et plus ses yeux me semblaient étranges. On aurait dit que la pupille de ses yeux  était verticale.  Je me suis dit que c’était  un effet du reflet du réverbère. Mais j’étais troublée.

 

Nous avons continué notre promenade et nous sommes arrêtés dans un bar où il y avait de la musique, mais je ne me sentais pas bien du tout. Nous étions sous les tropiques au mois d’Avril et je frissonnais comme si j’avais la grippe et je tremblais. Alenzo l’a remarqué aussi et m’a demandé ce que j’avais. Je ne savais pas quoi répondre mais je lui ai demandé si nous pouvions rentrer car je ne sentais pas bien et  aussi si nous pouvions prendre un autre chemin car je ne pouvais pas dire pourquoi mais je ne voulais pas repasser devant la maison de cette femme.

 Il m’a regardée d’une étrange  façon et soudain  m’a  demandé pourquoi j’avais donné ma main à cette femme. Je lui ai répondu que je ne savais pas alors il m’a dit : « ta main gauche est le reflet de ton âme et celui à qui tu la donnes peut lire en toi », tu n’aurais jamais dû lui donner ta main !

Mais comment aurai-je pu le savoir ? 

 

Chapitre4

    

              Comme je l’avais demandé, nous sommes rentrés par un autre chemin mais  nous étions à peine arrivés à la maison qu’une rafale de vent a balayé la terrasse et a fait claquer les volets qui n’étaient pas attachés puisque le temps était très beau,, puis quelques instants plus tard, un chat noir a traversé la terrasse  et un corbeau s’est mis à croasser.

On se serait cru dans un mauvais film mais en 4 mois de voyage, je n’avais vu aucun chat domestique et pas vraiment de corbeau non plus. Nous nous sommes regardés et Alenzo m’a demandé ce que je connaissais à la sorcellerie. Je lui ai répondu rien ! Je ne comprenais rien à ce qu’il m’arrivait !

J’avais peur, je pleurais, je lui ai demandé de tout fermer le plus vite possible, fenêtres, portes, volets et on a décidé d’attendre sans plus rien faire. Je me suis assise car j’avais la tête qui tournait. Je tremblais et je sentais que quelque chose allait se passer. Il m’a regardée longuement,  puis a compris sans doute  ce qui allait se passer car soudain  il s’est précipité sur  moi et m’a secouée par les épaules en me suppliant de ne pas m’endormir !

Mais c’était trop tard, quelque chose de très puissant m’attirait en arrière et c’était si fort que je ne pouvais pas  résister. Je voulais garder les yeux ouverts et lutter mais je ne pouvais pas, on m’entraînait, je suis tombée à la renverse et ce fut le trou noir…….

 

Quand je me suis réveillée, tout était calme, le soleil éclairait la maison, j’étais allongée dans un lit mais j’étais trempée de sueur et je ne me souvenais de rien. Alenzo était à mon chevet,  il avait les traits tirés et semblait très fatigué. Il m’a dit que j’avais été inconsciente pendant plus de 24 H, que j’avais déliré, crié et que je m’étais débattue pendant tout ce temps et qu’il avait eu très peur pour moi.

Je n’ai jamais su ce qui m’était arrivée cette nuit-là mais je pensais : «  puisque je me suis réveillée en bonne santé, tout va bien ». Je sentais que cette femme était liée à cela, j’ai voulu repasser devant sa maison quelques jours plus tard. La femme était bien là sur sa terrasse, elle m’a vue et reconnue mais elle m’a ignorée. Peut-être avait-elle eue ce qu’elle voulait ?

 

Mon ami Jamaïcain était différent, il semblait s’éloigner de moi et je crois que je lui ai fait peur cette nuit-là. Les gens évitent de prononcer son nom, les jamaïcains ne veulent pas en parler mais on le sent partout, il fait peur et on le fuit.

 

Mon voyage s’est terminé,  je suis rentrée en France mais je me suis toujours demandée ce que cette femme avait pu me vouloir.

C’était  un épisode que j’avais envie d’oublier !

 

               Mais  peux-t-on oublier un envoutement ou plutôt un envoutement peut-il vous oublier ?

 

 

Chapître 5

 

Tic Tac Tic Tac Tic Tac  1987-2007

Le temps nécessaire pour que le déclic s’enclenche !

Il faut parfois longtemps pour comprendre les choses ou tout simplement pour les admettre

Ma vie a suivi son cours avec ses hauts et ses bas, un peu comme tout le monde j’imagine.

Peut-être plus de bas que de hauts : déceptions, trahisons, violences, accident qui aurait pu me défigurer………Mais j’avais appris à me battre. J’ai toujours pensé que la vie n’est pas un cadeau et qu’il faut la mériter alors je me battais.

Etant d’un naturel assez optimiste, à  chaque galère je me  disais : « bon c’est une autre épreuve mais la vie va bien finir par me sourire un jour ».Mais mon mordant dans l’optimisme faiblissait. J’avais tendance à accumuler les malchances,  à rencontrer des gens peu scrupuleux et à me trouver dans des plans qui tournaient parfois mal. Quand je commençais à entrevoir le bonheur, pfffffft à peine le temps qu’il pose les pieds dans ma vie, il prenait la poudre d’escampette !

 

Puis mon père est décédé, j’ai hérité d’une belle somme d’argent,  la première fois dans ma vie, alors j’ai décidé d’investir cet argent pour créer mon entreprise. J’ai changé de région, j’ai finalisé un projet à 100 000 et j’ai tenu cette entreprise à bout de bras pendant une année sans prendre de salaire et en faisant le plus de sacrifices possibles pour permettre son envol mais j’avais 2 employées à temps plein et nous n’avons jamais réussi à atteindre l’objectif que nous approchions tous les mois.

 

En un an, les évènements  s’étaient accélérés et il était  arrivé plein de choses qui ont déclenché le processus d’alerte. Le magasin était neuf  mais j’étais sans cesse victime de pannes. Cela s’est produit pour la sonorisation de l’institut, la musique fonctionnait bien et d’un seul coup la vitesse de lecture s’emballait,  ils ont changé 3 fois la lentille de lecture et à chaque fois cela recommençait, ils ont fini par envoyer un technicien pour vérifier l’installation électrique mais tout était normal et le pire était que lorsqu’ils venaient la musique marchait normalement.

Puis ce fut le système informatique (des fois l’imprimante, le lendemain le logiciel) et le jour d’après cela remarchait normalement ou la climatisation qui s’emballait ou s’inversait. De 20 ° on passait à 14 °. Et cela s’empirait au fil des mois : la chambre des métiers m’avait immatriculée 2 fois, alors je recevais toutes les charges en double, l’EDF ne pouvait pas lire mon compteur, … J’étais en plein désarroi et j’avais l’impression de devenir folle.

Un jour une de mes employées m’a dit : «  Madame, vous devriez porter une patte de lapin dans votre sac ! »

Je voulais encore croire à ma réussite sans savoir que faire ni à quel saint me vouer alors j’espérais et comme dans cette ville il y a une belle cathédrale, je me suis mise à la visiter et à fréquenter parfois la messe. Il m’arrivait de mettre un cierge. Un jour j’ai décidé d’aller communier, cela ne m’était pas arrivé depuis ma communion. J’ai pris la file centrale, le prêtre donnait les hosties un peu « à la chaîne », en disant « Amen » sans relever la tête. Juste avant que j’arrive à lui, il a levé la tête et m’a dévisagée avant de prononcer « Amen ». Je me suis demandée pourquoi il avait levé les yeux seulement sur moi mais je me suis dit que je devenais parano !

Je n’ai plus pensé à cette histoire jusqu’à cet autre jour. J’étais dans mon magasin quand j’ai vu un jeune homme arriver du centre-ville  par la rue d’en face. Arrivé sur la place, il a regardé dans ma direction mais il ne pouvait pas me voir car j’étais dans le contrejour. D’un seul coup, il s’est signé, a baissé la tête et a accéléré le pas. J’’ai repensé au prêtre et je me suis dit qu’il y avait vraiment quelque chose qui ne tournait pas rond.

 

Mon entreprise marchait de plus en plus mal, n’ayant pas réussi à vendre je me suis déclarée en liquidation judiciaire. J’ai tout perdu et  j’en suis ressortie criblée de dettes. Le comble a été que mon propriétaire s’est associé en cachette avec ma responsable de magasin,  ils ont attendu le délai légal d’expiration pour la vente, il lui a prêté de l’argent  pour qu’elle ne passe pas en banque. Résultat de leur association, elle a récupéré mon entreprise anonymement pour presque rien et lui un beau magasin où j’avais fait 35 000 d’aménagement. Vive les crapules !

              

               C’était la goutte d’eau de trop, quand j’ai su la vérité, je me suis effondrée.

 

Chapitre 6

 

               Bien  sûr cela peut arriver à tout le monde mais il y a des choses que l’on devine  et quand le  point de non-retour pointe son nez, on le sent.  C’est inexplicable !

J’ai eu du mal à redresser la barre, ma croyance en la vie s’amenuisait, j’étais cette fois-ci au bord de l’abîme et je regardais le fond me demandant quel serait l’évènement qui allait m’y précipiter. Je sentais le gouffre du néant  s’ouvrir sous mes pieds.

Quelques mois plus tard, par hasard  j’ai lu un article dans le journal  sur un homme qui s’occupait des animaux en souffrance qu’il guérissait de ses mains, un genre de médecin  hors norme mais qui avait une certaine réputation. Je n’avais plus grand-chose à perdre. Je  lui ai écrit pour savoir s’il s’occupait aussi des humains.

 

 Il m’a répondu, me demandant d’aller le voir, il a peu parlé  et m’a proposé de travailler ensemble. Il m’a demandé aussi de bien réfléchir, parce  qu’il pouvait m’aider mais que ce ne serait ni facile ni gratuit. Son prix était assez élevé alors je suis repartie.

 

Bien sûr j’hésitais après tout ce qui m’était arrivée, j’avais  peur de tomber sur un charlatan, mais je me disais que si le hasard l’avait mis sur ma voie, c’était peut  -être pour une fois un signe. En sortant de chez lui, la 1ere fois j’ai ressenti une douleur très vive à la tête, j’ai porté la main à mon front  comme si une lame de couteau me transperçait. Cela m’a interpelée car je n’ai jamais mal à la tête.

              

J’ai pris ma décision et j’ai décidé de lui faire confiance. On s’est revu plusieurs fois et il m’a posé plein de questions déroutantes. Je trouvais ses questions bizarres, dérangeantes car il rentrait dans mon intimité et à chaque fois j’étais prise de court mais après je réfléchissais et des choses me revenaient ou m’apparaissaient plus claires, comme :

 

LA DESAGREABLE SENSATION DE NE PLUS  CONTROLER SON CORPS :

 

 Oui, cela m’arrivait de me retourner comme si quelqu’un marchait derrière moi ! Oui des fois je ne contrôlais plus mes sensations, je ressentais des choses bizarres comme si quelqu’un jouait douloureusement avec mon corps. Et il y avait eu ces fois où je m’étais  éveillée avec des marques sur le corps sans être sortie de mon lit. La première fois remontait à plusieurs années, un matin je m’étais réveillée avec un  gros bleu sur l’extérieur de la cuisse et au centre de l’hématome il y avait un cercle de la taille d’un verre où la chair était vierge de marque. La seconde fois remontait à l’année en cours. Ce matin-là j’avais un hématome qui me prenait toute la cuisse avec la même marque au centre et j’aurai du consulter mais je ne pouvais pas aller voir quelqu’un puisque j’étais incapable de dire ce qui s’était passé. Comment raconter à un médecin qu’on s’est blessé sans sortir de son lit ?

 

Alors, je lui ai parlé de ces marques sur mon corps Il m’a fait revenir plusieurs fois à son cabinet. A  chaque fois qu’on se voyait, juste en sortant de chez lui, dès que j’étais seule  les mêmes douleurs très vives et très courtes que celle que j’avais ressentie la première fois dans la ruelle revenaient et elles devenaient de plus en plus fortes donc elles avaient un rapport avec lui et nos séances.

 Elles sont devenues de plus en plus fréquentes  même quand je ne le voyais pas.

On aurait dit que la douleur qui me transperçait le front venait de l’intérieur, c’était intense et atrocement douloureux !

Il  y a eu aussi ces nuits où je me réveillais et me voyais flotter au-dessus de mon corps. Et ces rêves où j’étais dans un tunnel avec des lumières qui ressemblaient à des torches et qui m’attiraient. Certaines  nuits je voyais des morceaux de corps, des mains et des visages penchés sur moi. Enfin il y avait souvent un homme toujours le même et dans ces rêves il était question de domination sexuelle, de jeux érotiques  liés à la douleur. Une fois je me suis réveillée en pleurant parce qu’on cinglait mon corps avec du sable !

 

Un jour il est venu chez moi pour protéger ma maison, c’était en hiver et après avoir fait un rituel dans chaque pièce, il a apposé ses mains à plusieurs reprises sur mon front  et m’a dit  qu’après son départ,  je pourrais ressentir des effets secondaires. En effet, peu après qu’il soit parti, j’ai commencé à avoir froid alors j’ai allumé la cheminée mais  c’était un drôle de froid et rien n’y faisait. Même assise devant la cheminée, je grelottais et on aurait dit que le froid venait de moi alors  j’ai repensé au froid que j’avais ressenti à la Jamaïque. Cette fois-ci, il a duré 2 jours !

 

Et enfin, il y a eu cette nuit libératrice où je me suis réveillée en sursaut parce qu’il y avait une bagarre  sous ma fenêtre. J’habite à la campagne et j’ai un chat que j’adore, alors quand j’ai entendu les cris je suis sortie et j’ai vu dans la pénombre des animaux  se battre mais ce n’était pas mon chat car il est arrivé du côté opposé. Je l’ai fait rentrer puis je me suis recouchée. J’attendais anxieuse et là un corbeau s’est mis à croasser. Je l’entendais aussi bien que s’il était posé sur le rebord de la fenêtre mais ma chambre a juste  un velux. J’avais peur de replonger dans ce même malaise qu’en Jamaïque. Après un moment qui m’a semblé interminable, le silence est enfin revenu et épuisée  je me suis rendormie.

 

Cette histoire s’est achevée avec les mêmes animaux et le même froid qu’elle avait commencé 20 ans plus tôt. Je suis retournée voir une dernière fois le guérisseur et il m’a confirmé que tout était fini.

 Cela avait pris 6 mois !

 

              

 

Chapitre 7

 

                Cela peut vous paraître puéril,  pourtant vous n’y étiez pas alors comment juger ?

Depuis plus de 13 ans maintenant, je me sens beaucoup mieux et plus rien de négatif ne m’est arrivée Je ne saurai jamais ce que ces gens recherchaient  ni pourquoi ils ont voulu me faire du mal. Et surtout pourquoi 20 ans après les choses se sont ainsi accélérées ! Mon ensorceleuse qui n’était déjà pas jeune quand je l’ai croisée, avait elle atteint l’âge où elle voulait finaliser les choses ?

               

J’ai voulu comprendre ce qui m’était arrivée alors j’ai contacté le temple vaudou en France, je leur ai raconté mon histoire. J’ai découvert que c’était une religion qui  pouvait avoir des aspects positifs  mais qu’il existe aussi des sorciers qui vont  jusqu’à faire des sacrifices humains et dont le but est de capturer des âmes………. Si la mort est le but de l’envoûtement ce n’est pas la priorité au commencement car le corps humain peut être considéré comme un véhicule terrestre que quelqu’un voudrait bien s’approprier et conduire comme il l’entend en le dirigeant à sa guise jusqu’à l’accident fatal qui  permettra alors l’aboutissement : voler son âme !

 

 On ne peut pas imaginer ce que c’est que d’avoir l’impression de ne plus être maître de son corps alors dans ce cas-là que dire de celui de son destin ?

J’ai appris aussi qu’un envoûtement vaudou  pouvait largement dépasser une vie terrestre et laisser les âmes en errance sur la terre, alors je suis bien contente d’être allée voir ce guérisseur et d’avoir retrouvé la mienne !

 

               Je ne sais pas comment aujourd’hui analyser  cette histoire mais j’ai retrouvé la paix, je ne fais plus de rêves et plus rien de négatif ne m’est arrivé !

 

              Il est difficile de parler de malédiction sans être prise pour une illuminée, mais je crois qu’on explique difficilement ce genre de choses et encore moins facilement le vaudou.

 

Alors heureux celui qui ne croise pas son chemin !

 

 

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ANIMALERIE EYDENN 15/01/2021 06:53

Blog au top ???? passez me voir